Le suivi d’une demande d’autorisation de travail peut rapidement devenir une source de stress pour les salariés étrangers comme pour les employeurs. Entre les délais variables de l’ANEF, les statuts parfois flous et le silence de l’administration, difficile de savoir si le dossier avance ou s’il est bloqué. Cette incertitude pèse lourdement sur les projets professionnels et la stabilité de chacun.

Dans cet article, nous vous guidons pas à pas pour comprendre comment suivre efficacement votre demande sur la plateforme ANEF. Vous découvrirez la signification des statuts, les délais réels de traitement, les bonnes pratiques pour relancer sans risquer un refus et les solutions à envisager en cas de blocage. Notre objectif : vous aider à reprendre le contrôle de votre dossier et à avancer sereinement vers une autorisation de travail validée. 💼

Comprendre le fonctionnement du suivi d’une demande d’autorisation de travail

Lorsqu’un étranger souhaite travailler en France, certaines démarches administratives sont indispensables avant toute embauche. L’une des plus importantes est l’autorisation de travail, sans laquelle un contrat de travail ne peut être validé. Cette autorisation est généralement demandée par l’employeur, directement en ligne sur la plateforme ANEF (Administration Numérique pour les Étrangers en France).

À quoi sert l’autorisation de travail et qui doit la demander ?

L’autorisation de travail est exigée pour tout salarié étranger dont le titre de séjour ne comporte pas la mention « autorise à travailler ». Elle permet à l’État de vérifier que le poste proposé, les conditions de travail et le statut du salarié respectent la réglementation en vigueur.
C’est donc l’employeur — et non le salarié — qui doit effectuer cette démarche avant l’embauche. Dans certains cas, le salarié peut aussi la suivre en ligne, via son numéro étranger ou son compte ANEF.

👉 Exemple concret : Ahmed, manutentionnaire en intérim avec une promesse de CDI, a vu son dossier bloqué faute d’autorisation de travail déposée à temps. Grâce au dépôt sur ANEF par son employeur, il a pu régulariser sa situation et signer son contrat en toute légalité. 💼

Le téléservice ANEF : la plateforme officielle à connaître

L’ANEF est aujourd’hui le portail unique pour toutes les démarches liées aux titres de séjour, aux visas, aux naturalisations et aux autorisations de travail. Après le dépôt de la demande, un accusé de réception automatique est envoyé à l’adresse e-mail de l’employeur. Celui-ci peut ensuite suivre l’évolution du dossier directement depuis son tableau de bord.

Chaque étape est identifiée par un statut clair :

  • “Déposé” : la demande a bien été enregistrée.
  • “En cours d’instruction” : le dossier est en train d’être examiné par la DREETS.
  • “Décision prise” : la réponse est disponible (favorable ou non).

💡 Astuce : il est conseillé de vérifier régulièrement le tableau de bord ANEF, car certaines demandes de pièces complémentaires ou notifications de décision ne sont envoyées que par voie électronique.

Les étapes du suivi sur l’ANEF pas à pas

Une fois la demande déposée, le plus important est de suivre attentivement chaque évolution de votre dossier sur la plateforme ANEF. Le suivi permet non seulement de savoir si votre demande avance, mais aussi de réagir rapidement en cas de blocage ou de demande de pièces complémentaires. Voici comment procéder étape par étape.

Connexion, identification et accès au dossier

Pour consulter le statut d’une demande d’autorisation de travail, il faut d’abord se connecter au portail ANEF – travail étranger. L’employeur utilise ses identifiants personnels pour accéder à la rubrique “Mes démarches”, où sont listées toutes les demandes déposées. Chaque dossier comporte un statut actualisé et un historique de traitement.
Le salarié étranger peut, dans certains cas, suivre aussi l’avancement via son numéro étranger, mentionné sur le mail de confirmation de dépôt envoyé après la soumission.

💡 Conseil pratique : conservez toujours ce courriel de confirmation. Il contient les informations nécessaires pour toute relance et permet d’identifier sans erreur le bon dossier.

Les différents statuts possibles et leur signification

Sur l’ANEF, le suivi repose sur une série de statuts précis qui permettent de comprendre où en est le traitement de votre dossier. Savoir les interpréter évite bien des inquiétudes et vous aide à agir au bon moment.

Statut affiché sur ANEF

Signification

Action conseillée

Déposé

Le dossier a été reçu et enregistré

Vérifier que l’e-mail de confirmation est bien reçu

En cours d’instruction

La DREETS examine les pièces

Attendre 2 à 4 semaines avant toute relance

Pièce complémentaire demandée

Une pièce manque ou est illisible

Fournir le document demandé dans les 10 jours

Décision prise

Une réponse (positive ou négative) est disponible

Consulter rapidement la notification

Refus

L’autorisation a été rejetée

Contacter un avocat pour envisager un recours

Accordé

L’autorisation de travail est délivrée

Télécharger le document et informer le salarié

💼 Exemple concret : Fatou, conjointe d’un Français, a vu son dossier passer au statut “pièce complémentaire demandée”. Elle a téléchargé son contrat de travail le jour même, ce qui a permis une décision favorable dix jours plus tard.

Délais moyens de traitement et facteurs d’attente

Même si le système ANEF centralise les démarches, les délais de traitement restent variables selon la nature du dossier. En général, un dossier complet est instruit en 3 à 6 semaines, mais certaines demandes peuvent durer davantage si des vérifications supplémentaires sont nécessaires.
Les principales causes de retard sont les pièces manquantes, les documents illisibles ou un contrat mal daté. Chaque irrégularité entraîne une suspension temporaire du traitement.

💡 Astuce : si après 45 jours vous n’avez reçu aucune nouvelle, envoyez une relance polie à la DREETS avec l’accusé de réception du dépôt. Cela montre votre bonne foi et peut aider à réactiver le traitement de votre dossier.

Que faire si votre demande est bloquée ou en attente prolongée ?

Il arrive que le suivi d’une demande d’autorisation de travail reste figé pendant plusieurs semaines sans explication. Cette situation, très fréquente, ne signifie pas forcément un refus : elle peut résulter d’un simple oubli, d’un document manquant ou d’un ralentissement administratif. Dans tous les cas, il existe des actions simples et efficaces pour débloquer la situation avant qu’elle ne s’enlise.

Vérifier la complétude du dossier

Avant toute relance, la première étape consiste à s’assurer que toutes les pièces exigées ont bien été déposées sur l’ANEF. Il suffit d’ouvrir le dossier et de vérifier la présence de chaque document demandé. Les erreurs les plus fréquentes concernent les contrats non signés, les copies illisibles ou les fichiers mal nommés. Ces détails techniques peuvent suffire à retarder considérablement la validation.
💡 Astuce : privilégiez toujours des fichiers PDF clairs et nommés selon le modèle conseillé (ex. : “contrat_CDI.pdf”). Cela facilite la lecture et montre votre sérieux.

Comment relancer la DREETS ou la préfecture ?

Si le dossier semble bloqué depuis plus de 45 jours, une relance courtoise et documentée peut accélérer le traitement. Il suffit d’envoyer un message à la DREETS via le formulaire de contact ou l’adresse figurant sur l’accusé de réception. Mentionnez le numéro de dossier, le nom du salarié et la date de dépôt.
💬 Exemple de message de relance :

Bonjour,
Je me permets de vous contacter concernant la demande d’autorisation de travail déposée le [date] pour [nom du salarié], référence [numéro de dossier]. Le dossier apparaît toujours “en cours d’instruction” sur l’ANEF depuis plus de 45 jours. Pouvez-vous m’indiquer si des pièces complémentaires sont nécessaires ?
Je vous remercie de votre aide et reste à disposition pour tout renseignement complémentaire.

Cette approche polie et factuelle montre votre bonne foi et incite souvent l’administration à rouvrir le dossier.

Quand solliciter un avocat en droit des étrangers ?

Lorsque la situation reste bloquée malgré plusieurs relances, ou en cas de refus explicite, il est fortement recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit des étrangers. Celui-ci peut analyser le dossier, contacter directement la DREETS et, si besoin, déposer un recours gracieux ou contentieux.
💼 Exemple concret : Ahmed, employé dans le bâtiment, voyait son dossier “en cours d’instruction” depuis trois mois. Son avocat a identifié une pièce manquante non signalée sur l’ANEF. Après régularisation, la décision favorable est tombée en deux semaines.

En cas de refus d’autorisation de travail : vos recours possibles

Recevoir un refus d’autorisation de travail est toujours difficile, surtout après plusieurs semaines d’attente. Pourtant, un refus n’est jamais une fin de parcours. Il existe plusieurs voies de recours permettant de contester la décision ou de déposer une nouvelle demande mieux argumentée. Le tout est d’agir vite et méthodiquement, car les délais sont stricts.

Le recours gracieux ou hiérarchique

Le recours gracieux consiste à demander à l’administration qui a pris la décision (souvent la DREETS) de réexaminer le dossier. Ce recours doit être déposé dans les deux mois suivant la notification du refus.
Pour maximiser vos chances, la demande doit être claire, factuelle et accompagnée de pièces nouvelles : nouveau contrat, justificatifs d’intégration, attestations de l’employeur, etc.

💬 Exemple de formulation :

Madame, Monsieur,
Je conteste la décision de refus d’autorisation de travail notifiée le [date] concernant [nom du salarié].
De nouveaux éléments (contrat signé, justificatifs d’activité, preuves d’intégration) sont joints afin d’appuyer la demande de réexamen.
Dans l’attente d’une réévaluation favorable, je vous remercie pour l’attention portée à ce recours.

Le recours hiérarchique, lui, s’adresse au Ministère de l’Intérieur et peut être déposé parallèlement ou après un recours gracieux. Cette double démarche permet souvent d’obtenir une réponse plus rapide, surtout si l’urgence professionnelle est démontrée.

💼 Exemple concret : Fatou, dont la demande avait été refusée pour “contrat non conforme”, a déposé un recours gracieux avec une promesse d’embauche corrigée. Trois semaines plus tard, la DREETS a révisé sa décision favorablement.

Le recours contentieux devant le tribunal administratif

Si les recours administratifs n’aboutissent pas, il reste la voie contentieuse. Le recours devant le tribunal administratif doit être déposé dans un délai de deux mois après le refus. Il s’agit d’une procédure plus formelle, où l’intervention d’un avocat spécialisé est fortement recommandée. Celui-ci rédige une requête solide, fondée sur le CESEDA et sur le principe du droit au travail pour les étrangers en situation régulière.

Ce type de recours permet au juge de vérifier si l’administration a commis une erreur de droit ou d’appréciation. Si c’est le cas, la décision peut être annulée et une nouvelle autorisation délivrée.

💡 Bon à savoir : pendant la durée du recours, le salarié ne peut généralement pas travailler, mais il peut obtenir un récépissé provisoire ou un soutien juridique lui permettant de régulariser sa situation rapidement.

Astuces pour accélérer le traitement de votre dossier

Même si le traitement d’une demande d’autorisation de travail dépend en grande partie de l’administration, certaines bonnes pratiques peuvent réellement réduire les délais et éviter les blocages inutiles. Ces conseils simples permettent de garder la main sur votre dossier tout en montrant votre sérieux aux services de la DREETS.

Un dossier complet dès le dépôt

La première clé de réussite, c’est la qualité du dossier initial. Plus il est complet, plus il sera traité rapidement. Vérifiez toujours que votre contrat de travail est signé et daté, que toutes les pièces sont lisibles, et qu’aucun document n’a été oublié. Une seule omission peut rallonger le délai de plusieurs semaines.
💡 Astuce : relisez la liste officielle des pièces à fournir sur l’ANEF avant de valider la demande. Cela évite 80 % des retards constatés.

Des documents clairs et cohérents

L’administration compare systématiquement les informations entre le contrat, la promesse d’embauche, le titre de séjour et le numéro étranger. La moindre incohérence (dates différentes, intitulé du poste erroné, nom mal orthographié) entraîne une suspension d’instruction. Il est donc essentiel de relire chaque fichier avant le dépôt.
💼 Exemple concret : Ahmed, embauché comme agent d’entretien, a vu son dossier bloqué parce que le poste figurait sous un autre intitulé dans le contrat. Après correction et re-soumission, la décision positive a été obtenue en trois semaines.

Un suivi régulier mais mesuré

Consulter le suivi tous les jours ne fera pas aller le dossier plus vite. En revanche, un suivi hebdomadaire intelligent est recommandé. Vérifiez une fois par semaine si un statut a changé ou si une notification de pièce complémentaire a été émise. En cas de doute, une relance unique et polie suffit largement.
💡 Astuce : évitez les relances multiples ou agressives — elles n’accélèrent jamais le traitement et peuvent, au contraire, ralentir le traitement administratif.

Se faire accompagner en cas d’urgence

Lorsque les délais dépassent deux mois ou si une OQTF menace, il devient crucial de faire appel à un avocat spécialisé. Ce dernier peut intervenir directement auprès de la préfecture ou de la DREETS, et s’assurer que votre dossier est traité dans les meilleurs délais.
🕓 Exemple : Moussa, intérimaire depuis six ans en France, a vu sa situation se débloquer grâce à un recours déposé par son avocat. Résultat : autorisation validée et maintien de son emploi sans interruption.

Conclusion

Suivre une demande d’autorisation de travail peut vite devenir un parcours incertain, mais en comprenant le fonctionnement de l’ANEF, les statuts de dossier et les délais réels, il est possible de garder le contrôle. Un dossier complet, des documents cohérents et des relances mesurées font souvent toute la différence. En cas de refus, les recours existent et permettent bien souvent d’obtenir gain de cause.

Si votre dossier semble bloqué, ne restez pas seul face à l’administration. Un accompagnement professionnel peut transformer la situation et éviter de perdre un emploi ou une opportunité importante. Chez Mon Avenir en France, nous travaillons avec des avocats spécialisés en droit des étrangers capables d’intervenir rapidement pour débloquer ou défendre votre dossier. N’attendez pas que les délais s’allongent : faites-vous accompagner dès aujourd’hui pour assurer la réussite de votre suivi d’une demande d’autorisation de travail.

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