Recruter un salarié étranger en France ne s'improvise pas : avant même la signature du contrat, l'employeur doit obtenir le feu vert de l'administration. La demande d'autorisation de travail pour un salarié étranger conditionne à la fois l'embauche côté entreprise et la délivrance du titre de séjour côté salarié. Une erreur de calendrier, une pièce manquante ou un métier mal identifié, et le projet peut caler plusieurs mois.
Cet article détaille, étape par étape, qui est concerné, quelles pièces réunir, à qui adresser le dossier, dans quels délais, et ce qu'il faut faire une fois l'autorisation obtenue. Mon Avenir en France accompagne employeurs et salariés à chacune de ces étapes, du dépôt du dossier jusqu'à la remise du titre de séjour.
Sont soumis à autorisation de travail les ressortissants hors UE, EEE et Suisse qui souhaitent exercer une activité salariée en France. Les citoyens de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et de la Confédération suisse en sont dispensés au titre de la libre circulation, tout comme les titulaires de certains titres de séjour.
La règle vaut pour tout salarié étranger non européen, quel que soit le type de contrat envisagé, CDI, CDD ou mission temporaire. L'article L.421-1 du CESEDA subordonne la délivrance de la carte de séjour « salarié » à la détention préalable d'une autorisation de travail. Sans ce document, l'embauche est irrégulière, avec des conséquences lourdes pour l'employeur comme pour le salarié.
Plusieurs situations ouvrent droit à des dispenses : titulaires d'une carte de résident, d'une carte « vie privée et familiale », d'un titre « passeport talent » ou encore d'un récépissé autorisant à travailler. L'étranger salarié n'est pas passif dans la procédure : il transmet à l'employeur ses justificatifs d'identité et de séjour, puis assure le lien avec la préfecture pour la suite du parcours détaillé dans notre guide complet sur la demande d'autorisation de travail.
La demande d'autorisation de travail pour un salarié étranger est obligatoire dès qu'un employeur envisage d'embaucher un ressortissant hors UE qui n'a pas déjà un titre de séjour l'autorisant à travailler. Trois situations principales déclenchent cette obligation légale :
Première embauche depuis l'étranger : le salarié réside hors de France et vient occuper un poste sous CDI, CDD ou mission temporaire. L'autorisation conditionne la délivrance du visa de long séjour, exigé par l'article L.412-1 du CESEDA pour la première carte de séjour.
Changement de statut en France : un étudiant, un visiteur ou un demandeur d'asile déjà présent bascule vers un statut salarié. Le nouveau titre suppose une autorisation de travail préalable.
Contrat spécifique : détachement intragroupe, saisonnier, jeune professionnel ou métier en tension figurant sur la liste officielle des métiers en tension.
Le schéma classe chaque cas d'embauche selon deux critères : le type de titre de séjour du candidat et la nature du contrat proposé, pour identifier rapidement si l'autorisation est requise.
L'employeur porte la démarche : c'est lui qui dépose la demande sur la plateforme dédiée, réunit les pièces et justifie du poste. Le salarié fournit ses documents personnels. Pour les cas frontières, notre page dédiée à l'autorisation de travail précise les configurations moins courantes.
L'embauche passe par une procédure d'embauche entièrement dématérialisée, portée par l'employeur sur la plateforme du ministère de l'Intérieur avant la prise de poste. Il dépose la promesse d'embauche ou le contrat, justifie du poste, et attend la décision préfectorale avant toute entrée en fonction du salarié.
Création du compte employeur sur la plateforme dématérialisée du ministère de l'Intérieur dédiée aux autorisations de travail des étrangers.
Saisie du dossier : identité de l'entreprise, description du poste, rémunération, durée du contrat, coordonnées du salarié pressenti.
Dépôt des pièces : promesse d'embauche ou CDI signé, pièce d'identité du candidat, diplômes, éléments justifiant la recherche préalable si le métier n'est pas en tension.
Instruction par la préfecture compétente au regard du lieu de travail, avec échanges éventuels via la messagerie de la plateforme.
Notification de décision à l'employeur et au salarié, puis démarches consulaires ou préfectorales pour le titre de séjour.
Le Code du travail encadre cette procédure et subordonne l'exercice d'une activité salariée à la détention préalable d'une autorisation de travail, obtenue avant la prise de poste. Le CESEDA articule ensuite cette autorisation avec la délivrance du titre de séjour. Pour anticiper la suite, la question du délai de traitement d'une autorisation de travail mérite d'être regardée dès le dépôt.
Pour une demande d'autorisation de travail d'un salarié étranger, l'employeur réunit quatre familles de pièces : les documents d'identité du candidat, le contrat de travail ou la promesse d'embauche signée, les justificatifs employeur attestant de l'existence légale de l'entreprise, et les éléments décrivant précisément le poste proposé.
Passeport en cours de validité du candidat, avec les pages d'identité et, le cas échéant, le visa ou titre de séjour déjà détenu.
CV et diplômes traduits par un traducteur assermenté si rédigés dans une autre langue.
Contrat de travail à durée indéterminée ou promesse d'embauche datée et signée, mentionnant la qualification, la rémunération et la date de prise de poste.
Extrait Kbis de moins de trois mois ou équivalent pour les employeurs publics et associatifs.
Attestation de régularité fiscale et sociale (URSSAF, impôts) démontrant que l'entreprise est à jour de ses obligations.
Fiche descriptive du poste : intitulé, code ROME, missions, lieu d'exercice, durée hebdomadaire, salaire brut mensuel.
Justificatifs de recherche préalable de candidat (offre publiée à France Travail, réponses reçues) lorsque le métier ne figure pas sur la liste des métiers en tension.
Un dossier complet dès le dépôt évite les demandes de compléments qui rallongent l'instruction. L'équipe Mon Avenir en France peut relire la constitution avant envoi, en cohérence avec le suivi de la demande d'autorisation de travail.
L'autorité administrative, en l'occurrence la DREETS, examine quatre critères d'appréciation fixés par le Code du travail : la situation de l'emploi dans le métier et la zone concernés, l'adéquation entre les qualifications du candidat et le poste proposé, les conditions d'emploi et de rémunération, et le respect par l'employeur de la réglementation du travail.
| Critère examiné | Contenu vérifié | Source |
|---|---|---|
| Situation de l'emploi | Recherche préalable de candidat déjà présent sur le marché du travail, sauf métier figurant sur la liste des métiers en tension | Code du travail, article R. 5221-20 |
| Adéquation qualifications et poste | Diplômes, expérience et compétences en rapport avec les missions décrites dans la fiche de poste | Code du travail, article R. 5221-20 |
| Conditions d'emploi et de rémunération | Salaire au moins égal au SMIC et conforme à la convention collective applicable, durée du travail régulière | Code du travail, article R. 5221-20 |
| Respect de la réglementation par l'employeur | Entreprise à jour de ses obligations sociales et fiscales, absence de condamnation pour travail illégal | Code du travail, article R. 5221-20 |
Un refus intervient dès qu'un seul de ces critères n'est pas satisfait. Si le poste relève d'un métier en tension ouvert aux demandeurs d'asile, la situation de l'emploi n'est plus opposable, ce qui allège l'examen du dossier.
La demande d'autorisation de travail pour un salarié étranger se dépose avant l'embauche, dès que la promesse ou le contrat est signé. L'instruction par les services de main-d'œuvre étrangère commence à réception d'un dossier complet. Le délai d'instruction varie selon la charge du service et la complétude des pièces transmises.
Le dépôt avant embauche conditionne la légalité du recrutement : sans autorisation délivrée, le salarié étranger ne peut pas prendre son poste. L'employeur transmet le dossier via la plateforme dématérialisée dédiée, ce qui déclenche un accusé de réception et un numéro de suivi. Toute pièce manquante suspend le décompte et rallonge d'autant le délai d'instruction.
Dépôt du dossier : l'employeur transmet la demande sur la plateforme, un numéro de suivi est généré.
Contrôle de complétude : les services vérifient les pièces ; toute demande de complément suspend le décompte.
Instruction au fond : examen des critères de l'article R. 5221-20 du Code du travail à partir du dossier complet.
Notification : la décision, favorable ou défavorable, est adressée à l'employeur et au salarié.
La frise ci-dessus situe chaque étape et son point de départ, du dépôt à la notification. Pour surveiller l'avancement au jour le jour, consultez notre guide dédié au parcours d'une demande de titre de séjour, qui détaille les points de contrôle utiles côté salarié.
La rapidité repose sur quatre leviers : un dossier complet dès le premier dépôt, la cohérence entre les pièces transmises (contrat, fiche de poste, justificatifs de l'employeur), une réactivité immédiate aux demandes de complément de l'administration et un accompagnement juridique qui sécurise le montage avant l'envoi. Aucun de ces leviers ne garantit un délai, mais chacun évite les causes classiques de suspension.
La préparation en amont réduit les allers-retours. Avant de déposer, l'employeur vérifie que la fiche de poste correspond exactement au contrat, que les diplômes ou justificatifs d'expérience sont traduits si nécessaire, et que les démarches de recherche préalable sont documentées lorsque le métier n'est pas listé comme en tension. Un dossier complet et cohérent dès le premier envoi évite la suspension du décompte liée à une demande de pièce complémentaire.
Une fois le dossier déposé, la réactivité devient déterminante. Toute sollicitation du service instructeur doit recevoir une réponse dans les jours qui suivent, avec les pièces demandées au bon format. Un accompagnement juridique par Mon Avenir en France permet d'anticiper les points d'attention, de répondre au bon interlocuteur et, en cas de silence prolongé ou de refus, de préparer sans délai le recours administratif adapté.
Une fois l'autorisation de travail délivrée, quatre étapes s'enchaînent :
Visa long séjour : obtention auprès du consulat, valant titre de séjour.
Visite médicale OFII : organisée à l'arrivée en France.
Déclaration préalable à l'embauche : effectuée par l'employeur auprès de l'URSSAF.
Validation du visa : ouvre l'accès au premier titre de séjour.
Le salarié dépose sa demande de visa au consulat français de son pays de résidence, en joignant l'autorisation de travail délivrée. À l'arrivée, il valide son visa en ligne dans les trois mois, puis se présente à la visite médicale et à l'entretien organisés par l'OFII. En parallèle, l'employeur effectue la déclaration préalable à l'embauche auprès de l'URSSAF avant la prise de fonction et remet au salarié les documents d'accueil habituels.
Le titre mention « salarié » a une durée maximale d'un an. Deux situations mobilisent alors des règles distinctes : le renouvellement du titre en fin de validité, et le changement d'employeur ou de poste en cours de validité, qui nécessite le plus souvent une nouvelle autorisation de travail. Ces deux sujets font l'objet de pages dédiées sur le site de Mon Avenir en France.
La demande d'autorisation de travail pour un salarié étranger repose sur une répartition claire des rôles. L'employeur porte la démarche : il dépose le dossier sur la plateforme dédiée, justifie le poste et les conditions d'emploi, puis effectue la déclaration préalable à l'embauche. Le salarié réunit ses pièces d'identité, ses diplômes et, une fois l'autorisation obtenue, sollicite le visa long séjour et se présente à la visite OFII. L'autorité administrative, elle, instruit le dossier au regard du poste, de la rémunération et des règles propres au métier concerné.
Les délais, les motifs de refus et les recours possibles laissent peu de place à l'improvisation. Pour sécuriser chaque étape, du dépôt jusqu'à la remise du titre de séjour « salarié », contactez Mon Avenir en France pour en savoir plus.
Non. L'autorisation de travail doit être obtenue avant la prise de poste effective. Employer un salarié étranger sans autorisation expose l'employeur à des sanctions pénales et administratives lourdes, ainsi qu'au paiement d'une contribution spéciale à l'OFII. Le salarié, lui, se voit privé d'un contrat régulier, ce qui compromet toute la suite de son parcours administratif. La règle est simple : pas d'autorisation notifiée, pas de premier jour travaillé, même à titre d'essai ou de formation.
Deux voies s'ouvrent parallèlement dans un délai de deux mois à compter de la notification. Le recours gracieux se dépose auprès de l'autorité qui a pris la décision ; le recours hiérarchique est adressé au ministre chargé de l'immigration. À défaut, ou en complément, un recours contentieux devant le tribunal administratif reste possible dans le même délai. Chaque motif de refus (rémunération jugée insuffisante, poste non justifié, pièce manquante) appelle une réponse ciblée que Mon Avenir en France peut construire avec vous.
Oui. L'autorisation est délivrée pour un employeur, un poste et une rémunération identifiés dans le dossier déposé. Un changement d'employeur, de fonction ou une modification substantielle du contrat en cours de validité impose, dans la plupart des situations, une nouvelle demande. Seuls certains titres pluriannuels autorisent une mobilité plus large. Avant de signer un avenant ou de répondre à une nouvelle offre, vérifiez la portée exacte de votre titre pour éviter une rupture involontaire de la régularité du séjour.
Non, en principe. La demande d'autorisation de travail est portée par l'employeur, qui dispose des informations sur le poste, la rémunération et la convention collective applicable. Le salarié fournit ses pièces personnelles (identité, diplômes, CV) mais n'est pas le déposant. Certaines situations spécifiques, notamment l'admission exceptionnelle au séjour par le travail, associent davantage le salarié à la démarche. En cas de doute sur le bon circuit à emprunter, l'équipe Mon Avenir en France oriente employeur et salarié vers la procédure adaptée.