Vous avez trouvé un employeur en France, le contrat est prêt à être signé, et une question bloque tout : avez-vous le droit de travailler ? Pour la plupart des ressortissants étrangers hors Union européenne, la réponse passe par un document précis, l'autorisation de travail. Sans elle, aucune embauche salariée n'est possible, et son obtention mobilise trois acteurs : vous, votre futur employeur et l'administration française qui instruit la demande.
Ce guide répond aux questions concrètes que vous vous posez : qui délivre le document, quels sont les délais réels, quelles pièces réunir, que faire si la préfecture refuse ou si votre situation change en cours de procédure. Chaque étape est expliquée pour que vous sachiez, à chaque moment, ce qui dépend de vous et ce qui dépend de l'administration.
L'autorisation de travail est l'accord donné par l'administration française qui permet à un ressortissant étranger non européen d'exercer une activité salariée sur le territoire. Elle conditionne l'embauche : sans elle, un employeur ne peut pas légalement vous faire signer un contrat, et vous ne pouvez pas percevoir de salaire déclaré.
Deux logiques coexistent. L'autorisation dite permanente est liée à un titre de séjour qui ouvre le droit au travail (carte « salarié », carte pluriannuelle « talent », certaines cartes « vie privée et familiale »). L'autorisation provisoire de travail, souvent appelée APT, couvre elle une mission courte ou une situation particulière (contrat à durée déterminée, stage rémunéré, mission temporaire). Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile renvoie aux articles du Code du travail pour en fixer les conditions.
La procédure repose sur trois intervenants aux rôles distincts :
L'étranger salarié : fournit les pièces personnelles et signe la promesse d'embauche.
L'employeur : dépose la demande sur la plateforme dédiée et justifie du poste proposé.
L'autorité administrative : sous l'autorité du préfet, instruit le dossier et notifie la décision.
Depuis 2021, la demande passe par une plateforme numérique unique du ministère de l'Intérieur. L'instruction est confiée aux services de la main-d'œuvre étrangère rattachés à la DREETS, et la préfecture délivre ensuite le titre de séjour associé. C'est l'employeur, non le salarié, qui initie la démarche.
Le parcours d'une demande suit une chaîne précise, où chaque acteur joue un rôle qu'il ne peut pas déléguer.
L'employeur dépose la demande sur la plateforme dématérialisée, joint le contrat ou la promesse d'embauche et justifie du poste.
La plateforme transmet automatiquement le dossier au service instructeur territorialement compétent.
La DREETS, via son service main-d'œuvre étrangère, examine la réalité du poste, le salaire, l'adéquation profil-emploi et rend un avis.
La préfecture notifie la décision et, si elle est favorable, délivre le titre de séjour au salarié.
Schéma du circuit : l'employeur saisit la plateforme, la DREETS instruit, la préfecture décide et remet le titre au salarié.
Comprendre cette répartition évite bien des erreurs : réclamer une réponse à la préfecture quand le dossier est encore à la DREETS ne fait pas avancer les choses. Pour préparer votre demande d'autorisation de travail, l'employeur et vous devez travailler en binôme dès le départ, chacun sur ses pièces.
Il existe plusieurs catégories d'autorisation de travail, qui varient selon la durée du contrat, le niveau de qualification et le profil du salarié. On distingue principalement les autorisations liées à un CDI ou un CDD, l'autorisation provisoire de travail, le passeport talent, le statut saisonnier et le régime du salarié détaché.
| Type d'autorisation | Durée | Public visé |
|---|---|---|
| Carte « salarié » (CDI) | Un an maximum, renouvelable | Salarié étranger recruté en contrat à durée indéterminée |
| Carte « travailleur temporaire » (CDD) | Alignée sur la durée du contrat | Salarié embauché pour une mission ou un contrat à durée déterminée |
| Autorisation provisoire de travail (APT) | Douze mois maximum | Étudiants au-delà du quota, demandeurs d'asile, situations ponctuelles |
| Passeport talent | Jusqu'à quatre ans | Salariés qualifiés, chercheurs, investisseurs, artistes |
| Carte « travailleur saisonnier » | Trois ans, six mois de travail par an | Travaux agricoles ou touristiques récurrents |
| Salarié détaché ICT | Jusqu'à trois ans (cadres et experts) | Mobilité intra-groupe depuis une entreprise étrangère |
Le choix ne dépend pas de vous seul : il découle du contrat proposé et de votre profil. Un CDI ouvre la carte « salarié », un CDD la carte « travailleur temporaire », un poste qualifié bien rémunéré rend le passeport talent accessible. Pour un dossier de demande d'autorisation de travail salarié étranger, l'équipe de Mon Avenir en France vérifie avec vous quelle voie correspond à votre situation avant tout dépôt.
L'administration examine trois blocs de conditions qui doivent être réunis en même temps : celles qui concernent le salarié étranger, celles qui concernent l'employeur, et celles qui concernent l'emploi proposé. Si un seul bloc est incomplet, la demande peut être refusée, même si les deux autres sont solides.
L'étranger salarié : qualifications et expérience en rapport avec le poste, absence de menace pour l'ordre public, conditions de résidence en règle au moment de la demande.
L'employeur : entreprise à jour de ses obligations URSSAF et fiscales, respect du droit du travail, adéquation entre le poste offert et le profil recruté.
L'emploi proposé : rémunération au moins égale au SMIC, conformité aux minima et conditions de la convention collective de branche.
Pour les métiers qui ne figurent pas sur la liste des métiers en tension (arrêté du 1er avril 2021), l'administration examine en plus la situation de l'emploi : elle regarde si le poste peut être pourvu par un candidat déjà présent sur le marché du travail français. Pour les métiers listés, cet examen est écarté. En cas de dossier fragile ou de refus de la préfecture, l'équipe Mon Avenir en France peut vérifier lequel des trois blocs coince et vous orienter, y compris sur la voie de l'annulation d'une OQTF devant le tribunal administratif si la situation l'exige.
La procédure se déroule en cinq étapes chronologiques portées par l'employeur, sur une plateforme dématérialisée dédiée :
Étape 1 , Création du compte employeur : l'employeur ouvre un espace sur la plateforme dématérialisée des autorisations de travail du ministère de l'Intérieur.
Étape 2 , Publication de l'offre : si le poste ne figure pas sur la liste des métiers en tension, l'offre est publiée auprès de France Travail pendant trois semaines, puis clôturée avec un bilan de recherche.
Étape 3 , Constitution du dossier : contrat de travail signé (CDI ou CDD), pièce d'identité du salarié, Kbis, attestations URSSAF et fiscales, justificatifs de qualification.
Étape 4 , Dépôt et instruction : la demande est transmise à la DREETS territorialement compétente, qui examine les trois blocs (salarié, employeur, emploi).
Étape 5 , Notification et titre : la décision est adressée à l'employeur et au salarié. En cas d'accord, le salarié engage la procédure de demande de titre de séjour auprès de la préfecture.
La frise ci-dessus retrace les cinq étapes de la procédure, de la création du compte employeur jusqu'à la notification de la décision, avec l'acteur responsable et le document clé à chaque étape.
L'étranger salarié peut suivre l'avancement à tout moment ; nos repères sur le suivi de la demande d'autorisation de travail détaillent les points de contrôle utiles entre le dépôt et la décision.
Le délai légal d'instruction est de deux mois à compter du dépôt d'un dossier complet auprès des services compétents. En pratique, les délais observés varient de quelques semaines à plusieurs mois selon la préfecture, la charge de la plateforme de main-d'œuvre étrangère et la complexité du poste concerné.
En matière d'autorisation de travail, le silence gardé par l'autorité administrative pendant deux mois vaut décision implicite de rejet, et non d'acceptation. Cette exception à la règle générale du « silence vaut accord » est prévue par le Code du travail. Concrètement, si aucune réponse ne vous parvient à l'expiration de ce délai, vous êtes considéré comme refusé et le délai de recours de deux mois commence à courir.
Compte employeur en ligne : l'état du dossier (déposé, en cours, complément demandé, décidé) est consultable sur la plateforme dédiée.
Relance écrite : après six semaines sans nouvelle, une relance à la préfecture ou à la DREETS instructrice, avec le numéro de dossier, permet de garder une trace datée.
Accompagnement : si le silence approche des deux mois, l'équipe de Mon Avenir en France prépare le recours administratif à déposer avant forclusion.
En cas de refus, vous disposez de deux mois pour agir : recours gracieux auprès du préfet, recours hiérarchique auprès du ministre chargé de l'immigration, ou recours contentieux devant le tribunal administratif. En cas de changement d'employeur, de poste ou de contrat, une nouvelle demande d'autorisation est indispensable avant toute prise de fonction.
Le délai de recours court à compter de la notification du refus, ou de la naissance de la décision implicite. Trois voies sont ouvertes :
Recours gracieux auprès du préfet qui a pris la décision, en motivant les points contestés et en joignant des pièces nouvelles.
Recours hiérarchique auprès du ministre de l'Intérieur, utile lorsque le motif de refus tient à l'appréciation de la situation de l'emploi.
Recours contentieux devant le tribunal administratif du lieu de la préfecture, dans le même délai de deux mois. Les avocats de Mon Avenir en France rédigent la requête et suivent l'audience.
Un changement d'employeur impose à l'étranger salarié et au nouvel employeur de déposer une nouvelle demande avant l'embauche ; travailler entre-temps expose aux sanctions du Code du travail. Le renouvellement doit être engagé dans les deux mois précédant l'expiration du titre, avec le contrat en cours et les bulletins de paie. Pour les personnes en procédure d'asile, les conditions d'accès au marché du travail sont détaillées dans notre guide dédié à la demande d'asile et autorisation de travail.
L'autorisation de travail reste le document indispensable pour tout salarié étranger hors Union européenne qui souhaite exercer une activité salariée en France. La demande est portée par l'employeur sur la plateforme dématérialisée dédiée, avec un délai légal d'instruction de deux mois au terme duquel le silence vaut refus. Le type de titre dépend de votre situation : CDI, mission temporaire, saisonnier, talent, étudiant ou admission exceptionnelle au séjour.
Chaque étape compte : contrat conforme, pièces complètes, respect des délais de recours. En cas de refus, de changement d'employeur ou de situation plus délicate, les avocats de Mon Avenir en France examinent votre dossier, rédigent les recours et vous suivent devant l'administration comme devant le tribunal administratif.
Non, les ressortissants de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et de la Suisse en sont dispensés grâce à la libre circulation des travailleurs. Sont également exemptés les titulaires d'une carte de résident, d'une carte "vie privée et familiale", d'un titre "talent" ou "passeport talent", ainsi que les réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire. Pour les autres ressortissants hors UE, une autorisation de travail reste requise avant toute embauche salariée en France.
Oui, la démarche est portée par l'employeur sur la plateforme dématérialisée dédiée. C'est lui qui remplit le formulaire, joint le contrat de travail signé, la fiche de poste, l'annonce de recherche de candidats et ses justificatifs d'entreprise. Le salarié fournit ses pièces d'état civil, son passeport et son diplôme. Sans l'engagement écrit de l'employeur, aucune demande d'autorisation de travail n'aboutit : le contrat de travail signé est la pièce déclenchante du dossier.
L'employeur encourt les sanctions du Code du travail pour emploi d'un étranger sans titre : amende administrative, sanctions pénales et interdiction d'embaucher. Le salarié, lui, risque un refus ou un retrait de titre de séjour et une obligation de quitter le territoire français. Les périodes travaillées sans autorisation ne comptent pas pour l'admission exceptionnelle au séjour par le travail et compliquent toute régularisation ultérieure. Mieux vaut attendre la décision avant la prise de poste.
Oui, mais une nouvelle demande doit être déposée par le futur employeur avant le début du nouveau contrat. L'autorisation de travail est délivrée pour un poste et un employeur donnés : elle ne suit pas automatiquement le salarié. Un changement de métier ou de secteur relance l'examen d'opposabilité de la situation de l'emploi. En cas de perte involontaire d'emploi, votre titre "salarié" est prolongé d'un an pour vous laisser retrouver un poste.